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jeudi 27 avril 2017

Le secret du Cri de Munch peut-être dévoilé par... des météorologistes

Des chercheurs, spécialisés dans le climat, ont émis une nouvelle hypothèse sur la célébrissime toile. Selon eux, de rares nuages stratosphériques auraient inspiré le peintre norvégien et conféré à l'œuvre son arrière-plan si mystérieux et emblématique.




C'est l'une des œuvres les plus célèbres du XXe siècle, reconnue comme une représentation quasi universelle de l'angoisse, et pour l'intrigant ciel enflammé de son arrière-plan. Mais le secret du Cri, réalisé en cinq versions par Edvard Munch à partir de 1892, pourrait enfin avoir été mis à jour par des chercheurs.
Selon trois météorologistes, l'apparition de «nuages nacrés» - soit de rares formations stratosphériques typiques des hautes latitudes - pourrait bien avoir inspiré le peintre norvégien et son fameux ciel traversé de tourbillons de couleurs. Les chercheurs, dont les travaux ont été présentés lundi à Vienne lors d'une conférence scientifique, rejettent ainsi une hypothèse précédente selon laquelle le ciel en feu vu et peint par Munch aurait été provoqué par les cendres du volcan indonésien Krakatoa en 1883.
Pour ces chercheurs, l'hypothèse du volcan, émise en 2004 par des astronomes américains, ne tient pas: un tel spectacle aurait dû se reproduire régulièrement depuis cette gigantesque éruption de 1883. Or pour Munch, qui publiera une première version du Cri en 1892, cette vision est restée «une expérience unique», arguent-ils. En outre, les particules du Krakatoa auraient produit un brouillard diffus plutôt que les ondulations du ciel peint par Munch, ajoutent-ils dans leur article, publié dans la revue Weather.
Tourment intérieur ou vision sacrée?
«Il est fort probable que derrière l'expérience vécue par Munch et derrière son célèbre Cri, il y avait des “nuages nacrés”», estiment-ils. Ces nuages, qui se forment l'hiver dans la troposphère, à 20-30 km de la surface terrestre, apparaissent rarement. «Des conditions inhabituelles sont nécessaires à leur formation», a expliqué Helene Muri, de l'université d'Oslo, à la Conférence de l'Union européenne des géosciences. «Il doit faire très froid, environ -80 à -85°, alors que la stratosphère est en moyenne à -60. Il faut une certaine humidité. Se forment alors de très petits cristaux de glace, réfléchissant la lumière du soleil couchant», a-t-elle expliqué.
Les couleurs intenses forment des vagues, visibles un certain temps après le crépuscule - les nuages de la troposphère, plus bas, étant eux visibles avant le crépuscule. «C'est une nouvelle hypothèse», souligne Mme Muri. «Il y en a d'autres. Des psychologues ont suggéré que c'est un tourment intérieur qui a poussé Munch à peindre le Cri. Mais nous sommes des chercheurs en sciences naturelles, et nous cherchons plutôt des réponses dans la nature».
Selon la «version officielle», Munch parle bien d'une vision. Météorologique ou intérieure? Le peintre (1863-1944) a raconté qu'il se promenait quand soudain, après le coucher du soleil, le ciel était devenu «rouge sang». Il a évoqué «des nuages flamboyants et des langues de feu», «un cri infini qui se passait à travers l'univers et qui déchirait la nature», et était resté devant ce spectacle «tremblant de peur». L'hypothèse de l'expression d'un sentiment intérieur traduit par la nature, pour un artiste affilié au courant expressionniste, reste la plus probable. Jusqu'à preuve (scientifique) du contraire...

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mercredi 26 avril 2017

Marcel Proust : la lettre des «ébats sexuels» embrase les enchères

Ce mercredi 26 avril, à Drouot, la missive dans laquelle le romancier se plaignait, un peu jaloux, des amours bruyants de ses voisins. Ce bijou de la collection Bonna a été emporté pour 28.336 euros. Mise en vente par Pierre Bergé et Associés, en association avec Sotheby's, elle était estimée entre 6000 et 8000 euros.




C'est un formidable résultat pour un manuscrit. Ce mercredi 26 avril, dans l'après-midi à Drouot, la lettre de Marcel Proust de la collection Bonna sur les ébats sexuels intempestifs de ses voisins a trouvé un acquéreur hardi, prêt à débourser pour 28.336 euros la posséder. Mise en vente par Pierre Bergé et Associé, en association avec Sotheby's, elle était estimée entre 6000 et 8000 euros. Cette missive, jouissive, a été achetée après une âpre bataille entre le téléphone et un enchérisseur sur Internet.
L'éminent bibliophile Jean Bonna vendait aujourd'hui une partie de sa formidable collection de livres et de manuscrits historiques. Au milieu de tous ces trésors, estimés à trois millions d'euros, cette pépite située à la fin du catalogue organisé par ordre alphabétique des écrivains, au lot 245, a donc été l'un des clous de cette enchère.
Il faut dire que l'histoire de ce manuscrit est savoureuse. Dans une lettre de sa main adressée à son loueur, un dénommé Jacques Porel, non datée mais écrite vraisemblablement après le 15 juillet 1919, l'auteur d'À la recherche du temps perdu se plaint du «boucan» fait par ses voisins.
Il s'agit en réalité d'ébats amoureux intempestifs et répétés qui gène la quiétude de Marcel Proust. Avec autant de style que d'humour, le romancier confie sa frustration à son logeur: «Les voisins dont me sépare la cloison font d'autre part l'amour tous les deux jours avec une frénésie dont je suis jaloux. Quand je pense que pour moi cette sensation est plus faible que celle de boire un verre de bière fraîche, j'envie ces gens qui peuvent pousser des cris tels que la première fois j'ai cru à un assassinat. Mais bien vite le cri de la femme reprit une octave plus bas par l'homme, m'a rassuré sur ce qui se passait. [...] Je serais désolé que Madame votre mère m'attribuât tout ce boucan, qui doit être entendu jusqu'à des distances aussi grandes que ce cri des baleines amoureuses que Michelet montre dressées comme les deux tours de Notre-Dame. [...] Je vous prie réhabilitez-moi auprès de Madame votre mère pour l'amour et pour le piano. Je ne connais que l'asthme. [...]»

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mardi 25 avril 2017

Présidentielle : quelles différences entre patriotisme et nationalisme?

LANGUE FRANÇAISE - À l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle le chef de file du mouvement En Marche ! a indiqué vouloir s'ériger en président des «patriotes face aux nationalistes».




Ils n'ont cessé d'émailler les discours des candidats à la présidence de la République ces derniers mois. Les termes «patriotisme» et «nationalisme» oscillent invariablement de l'extrême gauche de l'échiquier politique chez Jean-Luc Mélenchon, à son opposé, à droite, dans les discours de François Fillon ou ceux de Marine Le Pen. Dimanche soir, à l'annonce des résultats du scrutin du premier tour, le chef de file du mouvement en Marche!, Emmanuel Macron a confronté les deux mots politiques en affirmant qu'il serait le président des «patriotes» et non celui des «nationalistes». Une manière d'exprimer sémantiquement son opposition à la candidate du Front National.
Mais quelle nuance comprendre entre les deux termes? Signifient-ils une même idée pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen? Pourquoi ce choix de lexique?
Selon le CNRTL, le patriotisme, du bas latin «compatriote» désigne l'«attachement profond et le dévouement à la patrie». Il qualifiait à la fin du XVIIIe siècle «les partisans de la Révolution».
Le nationalisme, quant à lui, qualifie non seulement, d'après Le Petit Robert, «une exaltation du sentiment national», mais une «doctrine fondée sur ce sentiment, subordonnant toute la politique intérieure au développement de la puissance nationale et revendiquant le droit d'affirmer à l'extérieur cette puissance sans limitation de souveraineté». Du latin natio (dérivé du verbe nasci «naître»), le terme national renvoie originellement à l'idée de «naissance, d'un ensemble d'individus nés dans un même lieu».
Concepts historiques

Il est donc intéressant de constater que, même si le chef de file du mouvement en Marche! se refuse à employer des mots politiquement marqués, «ni de droite ni de gauche», il n'a aucune hésitation à utiliser et opposer deux concepts historiques. Un choix d'autant plus étonnant qu'il renoue avec le discours d'un certain candidat d'extrême gauche qui faisait encore en février dernier sur le plateau de France 2, la distinction entre les deux termes. «Elle [Marine Le Pen], lançait Jean-Luc Mélenchon, ne croit pas en la nation républicaine. Parce qu'elle est pour la préférence nationale, parce qu'elle est pour le droit du sang, tandis que moi je suis pour le droit du sol. [...] Je ne suis pas un nationaliste, je suis un patriote, ça n'a rien à voir!»
Mais n'essayons pas de confisquer cet emploi du patriotisme aux seuls électeurs d'extrême gauche. On retrouve le mot «patriote» chez François Asselineau de l'Union populaire républicaine, qui revendique sa filiation au terme, chez Jean Lassalle, pour s'adresser à ses électeurs «Mes chers compatriotes», ou chez Nicolas Dupont-Aignan pour s'ériger en «rassembleur des patriotes».
Patriote et mondialiste
Pour le candidat d'En Marche!, il est avant toute chose une manière de s'ériger contre la politique internationale et économique de Marine Le Pen. En meeting début avril à Marseille, Emmanuel Macron expliquait ainsi: «Être patriote, c'est vouloir une France forte, ouverte dans l'Europe [...] Ce n'est pas le repli sur soi.» Une façon de confronter vision mondialiste et vision protectionniste. En mars dernier, Emmanuel Macron élargissait sa définition en donnant au patriotisme une couleur historique: «Nous sommes un peuple de France, patriote par cette histoire riche et large, par cette culture commune», en précisant que «les vrais patriotes regardent le passé et l'avenir et savent les réconcilier.» Une vision conciliante et synthétique qu'il agrémentera d'une touche socialiste en y opposant un mois plus tard la célèbre phrase de Mitterrand: «Le nationalisme c'est la guerre.»
Étrangement donc, si Emmanuel Macron se considère comme patriote, Marine Le Pen en fait de même. Dimanche, la candidate du Front national appelait «tous les patriotes sincères, quels que soient leurs origines et leur vote au premier tour, à sortir des querelles périmées» et à voter pour elle, pour «l'unité nationale».
Outre cette conception similaire, le «patriote» s'oppose chez Marine Le Pen au «mondialiste». Une manière de confronter sa vision économique pour «la priorité nationale» et la «souveraineté monétaire» à la pensée ultralibéraliste qu'incarne Emmanuel Macron. Ainsi donc, le patriotisme chez Marine Le Pen n'est pas tant un sentiment qu'une conviction, une pensée, une idéologie. Un concept qui sans dire son nom s'affilie donc bien au «nationalisme».

  • Mis à jour 
  • Publié http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2017/04/24/37002-20170424ARTFIG00158-presidentielle-quelles-differences-entre-patriotisme-et-nationalisme.php

  • lundi 24 avril 2017

    «À l'attention de» ou «À l'intention de» ?

    RÈGLE D'ORTHOGRAPHE - Cette semaine la rédaction vous propose grâce au guide 250 dessins pour ne plus faire de fautes de Sandrine Campese, une astuce orthographique pour ne plus vous tromper sur l'usage des deux locutions.




    On écrit un courriel à l'attention d'un destinataire et pour ce faire on remplit le champ «A». On achète à l'intention d'un ami un cadeau qu'on emballe avec un boldu frisé afin de former le «I» et son point.
    En tête d'un courrier (ou d'un courriel), la mention à l'attention de sert à préciser le destinataire: on le porte à son attention. Le nom intention va plus loin: il suppose un effort fait dans un but (cf. l'adjectif intentionnel). Par conséquent, à l'intention de engage davantage l'émetteur: ce dernier effectue une démarche pour qu'elle soit agréable ou profitable à quelqu'un.
    Autre astuce: si vous pouvez remplacer la locution par «à l'adresse de», il faut écrire «à l'attention de» ; si pouvez remplacer par «en l'honneur de», c'est «à l'intention de» qui convient.
    Attention à ne pas confondre la locution «faute d'attention» (Faute d'attention, il a commis une erreur) avec la «faute d'inattention», faute commise par inattention (Si tu relisais ta copie, tu pourrais corriger tes fautes d'inattention).

  • Publié 
  • http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2017/04/23/37003-20170423ARTFIG00002--l-attention-de-ou-l-intention-de.php

  • vendredi 21 avril 2017

    Edith Piaf, "Je ne regrette rien"

    Ce week-end, nous vous proposons un classique de la chanson française, "Je ne regrette rien" de Edith Piaf, ainsi que les paroles de la chanson.






    Non ! Rien de rien 
    Non ! Je ne regrette rien 
    Ni le bien qu'on m'a fait 

    Ni le mal tout ça m'est bien égal ! 

    Non ! Rien de rien
    Non ! Je ne regrette rien
    C'est payé, balayé, oublié
    Je me fous du passé !

    Avec mes souvenirs
    J'ai allumé le feu
    Mes chagrins, mes plaisirs
    Je n'ai plus besoin d'eux !

    Balayées les amours
    Et tous leurs trémolos
    Balayés pour toujours
    Je repars à zéro

    Non ! Rien de rien
    Non ! Je ne regrette rien
    Ni le bien, qu'on m'a fait
    Ni le mal, tout ça m'est bien égal !

    Non ! Rien de rien
    Non ! Je ne regrette rien
    Car ma vie, car mes joies
    Aujourd'hui, ça commence avec toi !


    Bon week-end à tous et à lundi !